Mercredi 28 mai 2008
Les chats furent inventés par Dame Nature il y a bien longtemps, et même encore plus. Les Egyptiens commencèrent à domestiquer le bestiau envrion neuf mille ans avant maintenant, ce qui ne nous
rajeunit pas
Il existe, nous dit-on, plus de quatre-vingts races de chats dispersés à l'ouest, à l'est, au nord et au sud d'une ligne allant de la porte de Montreuil à Punta Arenas en passant par Vladivostok, c'est à dire partout. Nous nous contenterons de classifier tous ces matous en deux grandes catégories, beaucoup plus nettes pour les nombreux mal-comprenants qui se trouvent parmi vous aujourd'hui: le chat des villes et le chat des champs.
Tandis que comme moi, le chat des champs vaque à glander dans les arbres, se rouler dans l'herbe, chier dans des trous, dormir au soleil, faire l'amour à plusieurs et rentrer à des heures indues, le chat des villes, sans que nous nous sentions obligés de l'élever au rang de martyre de Dame Nature, n'a pas le même genre d'activités et manque cruellement d'exercice. Son teint fort pâlichon nous donne une indication sur son immédiat environnement et il ne fait nul doute que ses frères et soeurs ruraux sont plus vifs et plus musclés, c'est à dire plus vigoureux. Et d'ailleurs ça m'excite. Aucune étude sérieuse ne nous permet de démontrer que si on leur donnait le choix, les chats au tempérament le plus sportif privilégieraient la vie au grand air tandis que d'autres, plus casaniers, aimant avant tout le confort et les caresses de Mémé axeraient leur choix vers un environnement plus urbain, je veux dire en appartement (c'est le minimum syndical). Non vraiment, aucune étude ne nous permet de démontrer ça, et c'est pas plus mal.
Contrairement à ce qu'a toujours cru et voulu nous faire croire Mémé, pendant les nombreuses heures de ta vie, pourtant si brève, que tu acceptes de gâcher au service d'un con qui accepte de gâcher de nombreuses heures à l'accomplisssement d'une tâche complètement dénuée de sens, dans le but de satisfaire un con ne rechignant pas à gâcher de nombreuses heures à faire tourner la boutique, virgule, le chat ne s'ennuie pas. Nous devons sans plus tarder informer Mémé que, pendant les heures ouvrables, le chat profite du temps où il est enfermé à double-tour pour faire la sieste.

Le chat n'est pas économe en sieste. Seuls sa maison en feu, la grosse mouche qui fait chier et l'écuelle remplie à ras bord de croquettes hors de prix peuvent sortir le chat de sa diurne torpeur. En règle générale, quelle que soit la saison, l'après-midi convient mal aux élans gastronomiques du félin domestique. Je précise "domestique" car c'est celui que je connais le mieux, n'ayant personnellement jamais réussi à entretenir de relation suffisament longue avec un chat sauvage. J'ai par ailleurs toujours très mal supporté les coups de griffe pendant l'amour. C'est pas mon truc. D'aucuns me diront que c'est une question de goût et je les prierai instamment de fermer leur gueule. Et puis, rétractiles ou pas, je ne suis pas convaincu que les griffes du chat soient compatibles avec un massage tonique de la prostate.
L'heure que la plupart des adultes consentants (je pouffe) ont choisi (je pouffe) de programmer dans leur vie (je pouffe) pour préparer le dîner, est aussi l'heure que le chat a choisi pour pourrir sa caisse des plus effroyables déjections. Car dans la mesure où sa caisse est dans la cuisine, le chat ne boude pas son plaisir.
Pourquoi l'odieux animal ne surseoit-t-il pas à cette abjecte exigence de Dame Nature? Les heures où papa et môman ne préparent pas le dîner ne conviendraient-elles pas davantage à telle abomination? Certainement, mais notons que le chat aime beaucoup le second degré.
Le félin domestique des villes repu de sieste, s'il avait la possibilité de croiser la route de quelque mulot farceur ou quelqu'autre hirondelle insolente, ne resterait sans doute pas indifférent à tant de goûter pour un seul chat. Seulement voilà, le chat des villes, souvent condamné au régime couette-croquettes, n'a pas le loisir d'ainsi varier son alimentation tout en découvrant d'autres créatures vivantes et ainsi, étancher sa soif de connaissances. Pour l'épanouissement personnel et l'ouverture d'esprit de notre chat, nous devons rester attentifs à sa mélancolie et ne pouvons décemment pas le laisser niquer de ses griffes vengeresses le papier peint de Mémé.
Afin de lui prouver que nous souhaitons son bien-être avant tout, ne soyons pas avares en petites attentions et profitons de son anniversaire pour organiser un goûter soigné et festif tout à la fois, dont lui et ses amis étonnés se souviendront longtemps.
Après avoir poussé les meubles et harmonieusement disposé ça et là couflettes, coussins mous et griffoirs qui devront satisfaire les chats les plus raffinés, nous nous attellerons promptement à la confection d'une attraction de choix et bien connue des enfants du monde entier: la piñata.
Lorsqu'elle a pour but le divertissement des jeunes humains, la piñata consiste en un
âne factice fait de carton-pâte, rempli de sucreries, gâteaux, chapeaux rigolos et serpentins farceurs, dont la signification intrinsèque échappe à la compréhension rigide de la plupart des
adultes dont j'évite à tout prix la fréquentation. Les marmots dont on aura au préalable bandé les yeux, s'efforceront de briser à l'aide de bâtons l'âne suspendu à une branche dans le jardin,
afin d'en découvrir le contenu.
S'il est assez difficile de concevoir telle joyeuseté en intérieur, dans trente mètres carrés, le modèle pour chats est moins contraignant en terme d'espace. Ca tombe bien, puisque je ne sais pas si vous avez tout suivi depuis le début, et ce malgré la clarté exemplaire de mon propos, mais je vous signale que nous nous adressons ici aux chats d'intérieur. C'est juste un rappel pour ceux d'entre vous dont la concentration intellectuelle laisse à désirer. Je dis que c'est la faute à la télé, mais pas seulement.
La réalisation de la piñata pour chats est aisée pour peu qu'on veuille bien être attentif encore quelques instants. Pour plusieurs raisons, le pigeon sied merveilleusement à cet exercice : il foisonne sous nos latitudes et son comportement insensé est très proche de celui des êtres humains: Outre sa quête continuelle de nourriture, le pigeon est capable de harceler une gonzesse pendant des heures et parcourir des kilomètres dans la nuit glaciale et pluvieuse pour voir s'accorder des faveurs à caractère sexuel, puis la décevoir par une piètre performance avant de retourner picorer ce qui lui tombe sous le bec, ou chier un coup, ou dormir. C'est selon. Nous n'aurons par conséquent aucun mal à capturer le stupide volatile en l'amadouant de quelque subterfuge d'ordre culinaire ou sexuel. Dans l'élaboration du piège, notre préférence ira plus volontiers à quelque chose de culinaire parce que ça va maintenant, vous ne pensez vraiment qu'à ça.
Le pigeon ramier étant notre ami, tapons dans la catégorie inférieure en tentant de piéger le modèle bizet, plus commun, qui une fois transformé par nos soins, répondra pourtant aux espérances félines les plus folles. Les maigres économies gagnées à gâcher de nombreuses heures de ta vie (si brève) au service d'un con acceptant de gâcher de nombreuses heures, oui bon, ne doivent pas être dépensés inconsidérément à l'achat de quelques graines subtiles venues des tropiques. Non, les miettes du petit-déjeuner suffiront.
Procédez comme suit: Etalez dans un premier temps une bonne couche de colle
forte à très forte devenant grosse en fin de journée, sur le petit rebord extérieur qui jouxte la fenêtre de la cuisine. La colle doit être à prise rapide.
Parsemez le rebord ainsi poisseux des miettes sus-énoncées.
Ne tardez pas à voir apparaître le pigeon amateur de viennoiseries. Pour sa plus grande déconvenue, se débattant inutilement, tentant un décollage d'urgence à présent bien improbable, l'oiseau est coincé.
Constatez l'efficacité de votre colle forte et réjouissez-vous tout en saisissant l'animal d'une main ferme mais délicate.
A l'eau bouillante, décollez les pattes du pigeon du rebord de la fenêtre puis fixez les ailes autour du corps avec un élastique adapté pour l'empêcher de gigoter dans tous les sens, ça va bien à la fin.
Scotchez le bec pour ne pas l'entendre rouspéter. Pincez-vous le nez d'une pince à linge. Pour le bruit et l'odeur.
Réservez l'eau bouillante restante pour préparer le thé. Sinon ce serait gâcher.
Retournez le pigeon et pratiquez, au-dessus de l'évier, une incision de là à là.
Videz tout, rincez puis remplissez le pigeon de croquettes de qualité car c'est pas tous les jours fête.
Recousez.
Au milieu du salon, suspendez le pigeon-piñata au lustre ou à n'importe quoi.
Préparez le thé, laissez refroidir, mangez quelques biscuits, buvez. Puis réjouissez-vous de nouveau.
Si le chat n'est pas friand de pigeon bizet, il ne se prive pas pour autant, quand il en chope un, de le torturer pendant des heures, lui croquer un peu la tête, lui casser les ailes et lui planter ses dents pointues dans le ventre, faisant passer les pires geôliers d'Abu Graïb pour des personnages de l'Ile aux enfants. Mais ce n'est pas pour manger. Le chat a du goût et tant il est vrai que la robe du pigeon bizet des villes est bien laide, le chat n'ignore pas que sa chair est proportionnellement immonde.
Maintenez l'autre extrémité de la ficelle retenant le pigeon d'une main farceuse et faites mouvoir la piñata avec bonne humeur, ce qui ne manquera pas d'exciter les félidés pour le moins fêtards. Après tout, ils sont venus pour ça. Moult jeux de griffes et acrobaties diverses plus tard, la couture du pigeon-piñata finissant par lâcher, croquettes multicolores et appétissantes se déverseront aux pieds, euh... aux pattes des bestioles à présent affamées par tant d'exercices. Le goûter peut commencer.
La joie inonde le foyer. C'est un ravissement.
Un peu de baume au coeur, l'oeil vif et le poil brillant: Putain, on croyait avoir tout vu et tout entendu, on se croyait à l'abri, et puis ça vous tombe dessus sans prévenir.
On n'est pas grand-chose.
Il existe, nous dit-on, plus de quatre-vingts races de chats dispersés à l'ouest, à l'est, au nord et au sud d'une ligne allant de la porte de Montreuil à Punta Arenas en passant par Vladivostok, c'est à dire partout. Nous nous contenterons de classifier tous ces matous en deux grandes catégories, beaucoup plus nettes pour les nombreux mal-comprenants qui se trouvent parmi vous aujourd'hui: le chat des villes et le chat des champs.
Tandis que comme moi, le chat des champs vaque à glander dans les arbres, se rouler dans l'herbe, chier dans des trous, dormir au soleil, faire l'amour à plusieurs et rentrer à des heures indues, le chat des villes, sans que nous nous sentions obligés de l'élever au rang de martyre de Dame Nature, n'a pas le même genre d'activités et manque cruellement d'exercice. Son teint fort pâlichon nous donne une indication sur son immédiat environnement et il ne fait nul doute que ses frères et soeurs ruraux sont plus vifs et plus musclés, c'est à dire plus vigoureux. Et d'ailleurs ça m'excite. Aucune étude sérieuse ne nous permet de démontrer que si on leur donnait le choix, les chats au tempérament le plus sportif privilégieraient la vie au grand air tandis que d'autres, plus casaniers, aimant avant tout le confort et les caresses de Mémé axeraient leur choix vers un environnement plus urbain, je veux dire en appartement (c'est le minimum syndical). Non vraiment, aucune étude ne nous permet de démontrer ça, et c'est pas plus mal.
Contrairement à ce qu'a toujours cru et voulu nous faire croire Mémé, pendant les nombreuses heures de ta vie, pourtant si brève, que tu acceptes de gâcher au service d'un con qui accepte de gâcher de nombreuses heures à l'accomplisssement d'une tâche complètement dénuée de sens, dans le but de satisfaire un con ne rechignant pas à gâcher de nombreuses heures à faire tourner la boutique, virgule, le chat ne s'ennuie pas. Nous devons sans plus tarder informer Mémé que, pendant les heures ouvrables, le chat profite du temps où il est enfermé à double-tour pour faire la sieste.

Le chat n'est pas économe en sieste. Seuls sa maison en feu, la grosse mouche qui fait chier et l'écuelle remplie à ras bord de croquettes hors de prix peuvent sortir le chat de sa diurne torpeur. En règle générale, quelle que soit la saison, l'après-midi convient mal aux élans gastronomiques du félin domestique. Je précise "domestique" car c'est celui que je connais le mieux, n'ayant personnellement jamais réussi à entretenir de relation suffisament longue avec un chat sauvage. J'ai par ailleurs toujours très mal supporté les coups de griffe pendant l'amour. C'est pas mon truc. D'aucuns me diront que c'est une question de goût et je les prierai instamment de fermer leur gueule. Et puis, rétractiles ou pas, je ne suis pas convaincu que les griffes du chat soient compatibles avec un massage tonique de la prostate.
L'heure que la plupart des adultes consentants (je pouffe) ont choisi (je pouffe) de programmer dans leur vie (je pouffe) pour préparer le dîner, est aussi l'heure que le chat a choisi pour pourrir sa caisse des plus effroyables déjections. Car dans la mesure où sa caisse est dans la cuisine, le chat ne boude pas son plaisir.
Pourquoi l'odieux animal ne surseoit-t-il pas à cette abjecte exigence de Dame Nature? Les heures où papa et môman ne préparent pas le dîner ne conviendraient-elles pas davantage à telle abomination? Certainement, mais notons que le chat aime beaucoup le second degré.
Le félin domestique des villes repu de sieste, s'il avait la possibilité de croiser la route de quelque mulot farceur ou quelqu'autre hirondelle insolente, ne resterait sans doute pas indifférent à tant de goûter pour un seul chat. Seulement voilà, le chat des villes, souvent condamné au régime couette-croquettes, n'a pas le loisir d'ainsi varier son alimentation tout en découvrant d'autres créatures vivantes et ainsi, étancher sa soif de connaissances. Pour l'épanouissement personnel et l'ouverture d'esprit de notre chat, nous devons rester attentifs à sa mélancolie et ne pouvons décemment pas le laisser niquer de ses griffes vengeresses le papier peint de Mémé.
Afin de lui prouver que nous souhaitons son bien-être avant tout, ne soyons pas avares en petites attentions et profitons de son anniversaire pour organiser un goûter soigné et festif tout à la fois, dont lui et ses amis étonnés se souviendront longtemps.
Après avoir poussé les meubles et harmonieusement disposé ça et là couflettes, coussins mous et griffoirs qui devront satisfaire les chats les plus raffinés, nous nous attellerons promptement à la confection d'une attraction de choix et bien connue des enfants du monde entier: la piñata.
Lorsqu'elle a pour but le divertissement des jeunes humains, la piñata consiste en un
âne factice fait de carton-pâte, rempli de sucreries, gâteaux, chapeaux rigolos et serpentins farceurs, dont la signification intrinsèque échappe à la compréhension rigide de la plupart des
adultes dont j'évite à tout prix la fréquentation. Les marmots dont on aura au préalable bandé les yeux, s'efforceront de briser à l'aide de bâtons l'âne suspendu à une branche dans le jardin,
afin d'en découvrir le contenu.S'il est assez difficile de concevoir telle joyeuseté en intérieur, dans trente mètres carrés, le modèle pour chats est moins contraignant en terme d'espace. Ca tombe bien, puisque je ne sais pas si vous avez tout suivi depuis le début, et ce malgré la clarté exemplaire de mon propos, mais je vous signale que nous nous adressons ici aux chats d'intérieur. C'est juste un rappel pour ceux d'entre vous dont la concentration intellectuelle laisse à désirer. Je dis que c'est la faute à la télé, mais pas seulement.
La réalisation de la piñata pour chats est aisée pour peu qu'on veuille bien être attentif encore quelques instants. Pour plusieurs raisons, le pigeon sied merveilleusement à cet exercice : il foisonne sous nos latitudes et son comportement insensé est très proche de celui des êtres humains: Outre sa quête continuelle de nourriture, le pigeon est capable de harceler une gonzesse pendant des heures et parcourir des kilomètres dans la nuit glaciale et pluvieuse pour voir s'accorder des faveurs à caractère sexuel, puis la décevoir par une piètre performance avant de retourner picorer ce qui lui tombe sous le bec, ou chier un coup, ou dormir. C'est selon. Nous n'aurons par conséquent aucun mal à capturer le stupide volatile en l'amadouant de quelque subterfuge d'ordre culinaire ou sexuel. Dans l'élaboration du piège, notre préférence ira plus volontiers à quelque chose de culinaire parce que ça va maintenant, vous ne pensez vraiment qu'à ça.
Le pigeon ramier étant notre ami, tapons dans la catégorie inférieure en tentant de piéger le modèle bizet, plus commun, qui une fois transformé par nos soins, répondra pourtant aux espérances félines les plus folles. Les maigres économies gagnées à gâcher de nombreuses heures de ta vie (si brève) au service d'un con acceptant de gâcher de nombreuses heures, oui bon, ne doivent pas être dépensés inconsidérément à l'achat de quelques graines subtiles venues des tropiques. Non, les miettes du petit-déjeuner suffiront.
Procédez comme suit: Etalez dans un premier temps une bonne couche de colle
forte à très forte devenant grosse en fin de journée, sur le petit rebord extérieur qui jouxte la fenêtre de la cuisine. La colle doit être à prise rapide.Parsemez le rebord ainsi poisseux des miettes sus-énoncées.
Ne tardez pas à voir apparaître le pigeon amateur de viennoiseries. Pour sa plus grande déconvenue, se débattant inutilement, tentant un décollage d'urgence à présent bien improbable, l'oiseau est coincé.
Constatez l'efficacité de votre colle forte et réjouissez-vous tout en saisissant l'animal d'une main ferme mais délicate.
A l'eau bouillante, décollez les pattes du pigeon du rebord de la fenêtre puis fixez les ailes autour du corps avec un élastique adapté pour l'empêcher de gigoter dans tous les sens, ça va bien à la fin.
Scotchez le bec pour ne pas l'entendre rouspéter. Pincez-vous le nez d'une pince à linge. Pour le bruit et l'odeur.
Réservez l'eau bouillante restante pour préparer le thé. Sinon ce serait gâcher.
Retournez le pigeon et pratiquez, au-dessus de l'évier, une incision de là à là.
Videz tout, rincez puis remplissez le pigeon de croquettes de qualité car c'est pas tous les jours fête.
Recousez.
Au milieu du salon, suspendez le pigeon-piñata au lustre ou à n'importe quoi.
Préparez le thé, laissez refroidir, mangez quelques biscuits, buvez. Puis réjouissez-vous de nouveau.
Si le chat n'est pas friand de pigeon bizet, il ne se prive pas pour autant, quand il en chope un, de le torturer pendant des heures, lui croquer un peu la tête, lui casser les ailes et lui planter ses dents pointues dans le ventre, faisant passer les pires geôliers d'Abu Graïb pour des personnages de l'Ile aux enfants. Mais ce n'est pas pour manger. Le chat a du goût et tant il est vrai que la robe du pigeon bizet des villes est bien laide, le chat n'ignore pas que sa chair est proportionnellement immonde.
Maintenez l'autre extrémité de la ficelle retenant le pigeon d'une main farceuse et faites mouvoir la piñata avec bonne humeur, ce qui ne manquera pas d'exciter les félidés pour le moins fêtards. Après tout, ils sont venus pour ça. Moult jeux de griffes et acrobaties diverses plus tard, la couture du pigeon-piñata finissant par lâcher, croquettes multicolores et appétissantes se déverseront aux pieds, euh... aux pattes des bestioles à présent affamées par tant d'exercices. Le goûter peut commencer.
La joie inonde le foyer. C'est un ravissement.
Un peu de baume au coeur, l'oeil vif et le poil brillant: Putain, on croyait avoir tout vu et tout entendu, on se croyait à l'abri, et puis ça vous tombe dessus sans prévenir.
On n'est pas grand-chose.













